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L’Afisb, Idéobain et l’avenir

Portrait de Serge Lecat et Yves Danielou, ancien et nouveau président de l'Afisb

Serge Lecat désormais retraité, c’est Yves Danielou, directeur général de Geberit France, qui lui succède à la présidence de l’Afisb, association française des industriels de la salle de bains. Successivement adhérent et président de l’association jusqu’en septembre 2017, Serge Lecat nous raconte comment et pourquoi l’Afisb a créé Idéobain.

 

Le marché de la salle de bains a considérablement changé en 20 ans : l’industrie s’est concentrée, tout comme le négoce. Les produits de la salle de bains, souvent fabriqués à bas coût dans le monde entier, sont largement diffusés, notamment via Internet ou les grandes surfaces de bricolage, et le consommateur est vraiment devenu partie prenante de son projet de rénovation…

De Batimat à Idéobain

Pour l’Afisb, la mutation commence à la fin des années 1990, lorsque les industriels remettent en cause leur participation au salon Batimat, coupé en deux entre Villepinte et la Porte de Versailles, par manque de place. Après une édition à Villepinte, avec Interclima et le gros-œuvre du bâtiment, les industriels du sanitaire font sécession et lancent leur propre salon : « Salle de bains d’aujourd’hui », qui ouvre ses portes Porte de Versailles en juin 2000, avec trois journées dédiées au grand public. La stratégie de l’Afisb est claire : parler aux consommateurs, lui montrer ce que la salle de bains est devenue. Ça marche, jusqu’en 2012, lorsque la 6e édition du salon, devenu Idéobain en 2002, affiche un médiocre bilan. Pour différentes raisons, y compris conjoncturelles (grève, neige, crise…), le salon s’est essoufflé : les exposants sont au rendez-vous, mais pas le grand public.

IdéoBain, le salon français de la salle de bains

Serge Lecat, devenu président de l’Afisb en 2011, prend la décision avec Interclima de s’adosser à Batimat, qui est désormais regroupé à Villepinte. Une nouvelle session d’Idéobain a lieu en novembre 2013. Si les exposants sont moins nombreux, les visiteurs sont bien au rendez-vous. Idéobain est relancé.

« Idéobain est important pour l’Afisb, explique Serge Lecat. Il permet notamment de financer la seule étude complète des marchés de la salle de bains en France. » C’est un outil de référence, important pour la profession. Yves Danielou souligne qu’en intégrant le Mondial du Bâtiment, regroupement des trois salons, que les prescripteurs visitent, Idéobain a été sauvé, en tout cas dans sa forme actuelle. Mais jusqu’à quand ? « Les salons de distributeurs occupent le terrain », remarque Serge Lecat. Certes, ils n’accueillent ni prescripteurs, ni installateurs, ni consommateurs, mais ils obligent à une nouvelle réflexion, qui aboutira peut-être à une évolution d’Idéobain. D’ailleurs, Yves Danielou n’exclut pas de faire évoluer les publics visés. Avec le BIM, les prescripteurs sont une cible incontournable, tandis que celle des consommateurs l’est tout autant, dès lors qu’ils rénovent leur salle de bains. Autrefois, se souvient Serge Lecat, « Batimat était ouvert au grand public, les consommateurs s’y rendaient avec leur projet… ».

Les produits remarquables de la salle de bains

C’est parce que le consommateur est prescripteur que l’Afisb a également créé, en 2017, le palmarès annuel des « Produits remarquables de la salle de bains », dont la première édition a eu lieu dans le cadre des « Etats généraux de la salle de bains », autre nouveauté. Ces deux événements, mis en œuvre par Hubert Maitre, secrétaire général de l’Afisb, ont fédéré les autres syndicats d’industriels actifs dans l’univers de la salle de bains – Unifa (meuble), Profluid (robinetterie), Uniclima (chauffage), Gifam (chauffage électrique) et fait l’unanimité. « Nous avons voulu faire parler de la salle de bains et des produits remarquables qui la composent » explique Serge Lecat, qui considère que, dans le contexte actuel, il est primordial de communiquer sur les marques de fabricants et leurs innovations. « On ne distingue pas les marques de distributeurs des marques de fabricants, que j’appelle initiales, se désole-t-il. Les consommateurs doivent savoir ce qu’ils achètent. » Un combat que, même s’il s’éloigne de l’Afisb, Serge Lecat dit n’être pas près de lâcher.